 Stephane Paganelli : "J'ai le sentiment d'inachevé"
Joint par webmhsc.com, l'ex-préparateur physique du Montpellier-Hérault (parti à Ajaccio) - Stephane Paganelli - revient pour nous sur son parcours avec le MHSC. Sans langue de bois.
- Pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre départ? La montée?! non plus sérieusement, je ne pense pas que ce soit sportif. J'étais en fin de contrat et avec le changement d'entraîneur, un changement de staff etait une forte probabilité. Toutefois, après les déclarations de Rolland de vouloir couper un peu, je pensais quand même que le club aurait eu un geste envers moi, et ce malgré le changement d'entraîneur. Or, on n'a même pas pris la peine de me rencontrer ou de me téléphoner pour m'annoncer que je ne ferai plus partie des nouveaux plans, un simple sms...
- Votre éviction est-il une injustice et un passe droit de Girard qui place son fils? Une injustice, je ne crois pas. C'est son père il est légitime qu'il cherche à faire travailler sa famille. Maintenant est ce une recherche de la performance? Une bonne ou une mauvaise idée l'avenir nous le dira très vite. Ce que je sais en tout cas c'est qu'un entraîneur obtient ce qu'il demande uniquement si la direction le lui accorde... et ça après un sauvetage du national, une montée en ligue 1 et le développement physique de joueurs clefs, c'est quand même étrange que je sois le seul à être évincé.
"Se fixer des objectifs principaux et des objectifs intermédiaires"
- Votre travail est-il à l'origine de l'excellente fin de saison, et de la bonne tenue de l'équipe en décembre? En toute humilité, je pense que oui. Quand on planifie et organise des cycles de travail, il faut se fixer des objectifs principaux et des objectifs intermédiaires. A partir de là, on construit et organise ses cycles. Mes deux objectifs principaux induits par le calendrier, étaient de finir fort en novembre - décembre et en mai. Un objectif intermédiare était par exemple d'aller gagner à Boulogne (un concurrent direct) en janvier, car cette victoire était plus importante que la victoire à Amiens. Cependant, pour y arriver il faut bosser en amont les bonnes choses au bon moment et ne pas s'affoler. C'est ce qui nous a mis dans le rouge début janvier, A ce moment-là j'avais répondu aux inquiétudes dans le Midi-Libre par un article expliquant que non seulement celà nous permet d'être performant à court terme mais également en fin de saison. ce qui s'est heureusement passé. Le corps humain est comme ça, il fonctione par cycle et il est impossible d'être à 100% de ses possibilités toute une saison, il faut faire des choix. Après, même en forme on peut perdre un match et inversement mais on limite les risques.
"Loulou aime les bosseurs qui sont à Grammont de 8h à 18h"
- Comment expliquez-vous la cabale envers les proches de Courbis? Allez savoir, d'après ce que j'ai lu dans la presse, Loulou aime les bosseurs qui sont à Grammont de 8h à 18h. Je pense que c'est son reproche envers Rolland. Sauf que là où je pense qu'il se trompe, et puisqu'il m'a associé avec lui dans son éviction, c'est que je suis venu avec Rolland et quand il a été engagé on savait très bien qu'il avait un autre travail médiatique pesant. C'est pourquoi, il me déléguait une partie de son travail en supervisant et en suivant cela de très près, car il ne l'aurait jamais fait s'il était mal fait ou baclé. Et personnellement je n'ai pas manqué une seul séance en plus de 2 ans en préparant les entraînements avec le plus grand professionnalisme et la plus grande minutie. Ainsi, mon rôle de créer les cycles de travail, les séances et ensuite de les animer en partie à toujours été supervisé par Rolland qui rajoutait en homme d'expérience, la dernière touche tactique et de motivation supplémentaire.
- Quelles sont vos relations avec le clan Nicollin? Aucune. Je voyais Laurent les jours de match, on était assis à côté.
Comédie (après match) : "Un manque d'organisation total"
- Quel souvenir marquant garderez-vous de ces années passées au MHSC? Beaucoup, plus de 2 ans c'est long. Je dirais notre premier entraînement en 2007 avec une inquiétude de tout un club et des joueurs en méforme, dans le doute et qui ont su réagir. Le maintien cette année là, était pour moi plus difficile à obtenir qu'une montée en ligue 1 où là on façonne un groupe pendant 1 à 2 saisons. La montée fut évidemment exceptionnelle dans un stade avec un public de folie... malheureusement l'après match fut quand même gaché par un manque d'organisation total qui nous a empêché de faire la fête avec les supporters sur la Comédie. Autre fait très important pour moi c'est les liens qui se sont crées avec une grande partie des joueurs, notamment après s'être réunis plusieurs fois en dehors du terrain pour générer une dynamique et une osmose qui nous manquait et qui a surement fait la différence. Je repart avec beaucoup de nouveaux amis au sein des joueurs.
- Pensez-vous, un jour, revenir? Dans le football on ne sait jamais. Personnellement j'ai le sentiment d'inachevé après un sauvetage et une montée en ligue 1, il me plairait de travailler encore à Montpellier, mais je ne suis pas décideur.
Propos recueillis par Guillaume (webmhsc@gmail.com) |